Accrétion technologique

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L’accrétion technologique est ce processus qui fait en sorte que de nouvelles technologies se superposent successivement au fil du temps à des technologies déjà en service.

Le terme d’accrétion, surtout utilisé dans différents domaines comme l’astrophysique et la géologie, renvoie à cette notion de constitution et d’accroissement d’un corps, d’une structure ou d’un objet par apport ou agglomération de matière, généralement en surface ou en périphérie de celui-ci. Ce phénomène prévaut également dans le domaine des technologies et particulièrement depuis que les technologies numériques ont investi le moindre recoin de nos vies.

De plus en plus, de nouveaux systèmes informatiques sont élaborés à partir de substrats informatiques plus anciens. Tant que les différents composants fonctionnent adéquatement, il n’y a aucune raison qui milite en faveur du fait de ne pas ajouter de nouveaux composants au-dessus de ceux déjà existants, bien au contraire. Et c’est cette simple raison qui provoque de l’accrétion technologique, ce qui explique pourquoi l’infrastructure technologique qui sous-tend l’ensemble des fonctions essentielles de notre société est soumise à cette agglomération de technologies, à cet accroissement inévitable en surface et en périphérie de nouvelles technologies.

L’un des principaux problèmes avec l’accrétion, c’est que non seulement ce dernier contribue à faire croître de façon importante en dimension un système, mais qu’il contribue aussi à le rendre de moins en moins stable et prévisible au fur et à mesure que le phénomène d’accrétion agit. Il faut voir comment les réseaux d’égout et d’adduction d’eau des villes modernes sont un exemple tout à fait parlant du phénomène d’accrétion : il n’est pas rare de voir des réseaux de tuyaux qui ont déjà plus de cent ans, et qui sont toujours en service actif, côtoyer d’autres réseaux plus récents.

Dans le monde de l’informatique, il est fréquent de voir des systèmes qui roulent sur du matériel que plus aucune entreprise ne fabrique aujourd’hui et des langages de programmation désormais déclassés qui roulent pourtant encore sur certains ordinateurs. Par exemple, plusieurs composants de logiciels scientifiques, autrefois écrits en Fortran ou en Cobol, hantent encore certains logiciels de simulation.

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© Pierre Fraser, sociologue / 2018

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