Olympiques : être sur le podium

Un code visuel est avant tout un système de symboles destiné à représenter et à transmettre une information. Dans le cas des Jeux Olympiques, le code visuel fédérateur est celui de la compétition et de la performance.

Le système de symboles propre aux Jeux Olympiques se décline donc à travers différents repères visuels.

Ces repères visuels ont 4 fonctions : (i) en vue de l’accomplissement d’actions (ou suggérant l’opportunité d’actions) ; (ii) permettre la localisation d’autres repères qui doivent déclencher une action (le repère est élément de réseau) ; (iii) confirmer qu’un individu est au bon endroit ; (iv) répondre à certaines attentes.

Examinons maintenant comment les repères visuels disséminés un peu partout sur un site olympique exercent leurs fonctions.

Les anneaux olympiques
Les anneaux olympiques, au nombre de 5 ― symbole initialement destiné à représenter la cordialité et l’esprit sportif de la compétition qu’entretiennent les peuples des cinq continents ―, sont devenus, depuis leur introduction, par glissement sémantique visuel, non seulement le symbole même de la performance, mais aussi symbole d’investissements financiers importants pour le pays qui accueille les Jeux, les télédiffuseurs et les publicitaires. En contrepartie, les anneaux olympiques sont aussi devenus symbole de chiffres d’affaires mirobolants pour le Comité Olympique et les télédiffuseurs à travers la publicité ainsi vendue.

 

Le podium
Par contre, pour tout athlète, ce que le symbole des anneaux olympiques représente, c’est bien celui de la compétition et de la performance. En ce sens, ce repère visuel a effectivement pour fonction l’accomplissement d’actions, à savoir compétition et performance. Donc, ici, la seule chose à laquelle on s’attend de l’athlète, c’est qu’il performe. Et cette performance devra se traduire dans un autre symbole, celui du podium auquel seulement trois personnes auront accès.

Autrement dit, le podium, à lui seul, suggère l’opportunité d’actions (entrainement, alimentation équilibrée, saines habitudes de vie) qui conduiront éventuellement l’athlète à monter sur les marches du podium.

Concrètement, ce que le podium traduit aussi comme repère visuel, c’est la détermination et la discipline, celle d’un individu qui a consacré une partie de sa vie à devenir celui dont le nom brillera. Se retrouver sur le podium est un symbole de réussite puissant, celui d’une reconnaissance internationale par les pairs, et surtout, par toute la population d’un pays qui le consacrera ainsi comme un fier représentant de celui-ci.

Le podium confirme également que l’individu est au bon endroit, dans le sens où, dans une compétition olympique, c’est définitivement l’endroit où il faut se retrouver. En fait, le podium est le seul endroit où se concrétise, se cristallise en quelque sorte, la discipline, l’effort, le sacrifice et la volonté de gagner. Nul part ailleurs, il est possible de rendre compte de tous les efforts consentis. À l’inverse, ne pas être sur le podium, c’est devenir quasi invisible, mais ce peut aussi être le « coup de fouet » pour faire mieux la prochaine fois.

La médaille
Si le podium est l’endroit où l’athlète doit se retrouver, ce moment est tout de même très bref. Par contre, celui-ci permet la localisation d’autres repères qui doivent déclencher une action, et c’est là où la médaille ― qu’elle soit d’or, d’argent ou de bronze ― entre en jeu, c’est-à-dire que le podium déclenche inévitablement une action, c’est-à-dire que l’athlète recevra une médaille.

Donc, si le podium est un moment évanescent, la médaille, elle, rend ce moment pérenne. Non seulement le rend-elle pérenne, mais elle consacre, comme le fait un diplôme universitaire, que l’individu a franchi toutes les étapes nécessaires pour l’acquérir dans les règles de l’art. 

Recevoir une médaille correspond également au fait de répondre à certaines attentes. En fait, l’athlète qui se voit décerner une médaille, s’attend à ce que celle-ci puisse être « rentable » pour lui ou elle. Rentable, dans le sens où elle doit permettre à l’athlète de s’en servir comme tremplin pour autre chose dans sa vie personnelle, c’est-à-dire qu’elle devrait éventuellement lui ouvrir les portes de certaines activités lucratives ou positions de prestige, si c’est ce qu’il ou elle désire.

© Pierre Fraser (Ph. D.), 2018 / texte

 

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