Contre-plongée et efficacité visuelle

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La photo ci-dessus d’un inukshuk a été prise en contre-plongée.

Si, dans les codes de la photographie, la contre-plongée est généralement utilisée « pour traduire une position dominante, ou effrayante, un sentiment de puissance1 », ou encore pour magnifier le sujet, il n’en reste pas moins que celle-ci manque de certains éléments qui pourraient vraiment lui donner cette impression de position dominante. Je m’explique.

La photo précédente, prise à l’Ile-aux-Coudres dans la région de Charlevoix du Québec en octobre 2017,  est un plan général de l’inukshuk sur fond de temps brumeux sur le fleuve St-Laurent. Et c’est justement ce fond de temps brumeux et la rocaille environnante qui donne à la scène une impression quelque peu surréaliste.

La photo suivante, en plan rapproché de l’inukshuk, sans contre-plongée, lui confère une certaine prestance, car encore là, le temps brumeux et la rocaille participent à sa composition graphique.

Par contre, dans la photo ci-dessous, même si la contre-plongée est techniquement réussie, l’effet de position dominante est oblitérée par la seule présence du ciel bleu qui domine la photo elle-même.

À l’inverse, si cette contre-plongée avait pu être réalisée sur fond brumeux ou nuageux, l’effet de position dominante aurait pu être mieux restituée, un peu comme le montre le montage suivant.

Autrement dit, toutes les contre-plongées n’ont pas la même efficacité visuelle.

© Pierre Fraser (Ph. D.), 2017 / texte et photos

Références
1 Barnwell, J. (2009), Les fondamentaux de la réalisation de films, Paris : Éditions Pyramyd, p. 72,

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